L’éco-conception, un bon mariage avec l’expérience client ?

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  • 17 Mai 2022

L’éco-conception, un bon mariage avec l’expérience client ?

 

Il existe deux a priori très fort sur la construction d’un site éco-responsable.
Le premier, c’est de penser l’éco-conception comme un sujet essentiellement technique : quel CMS ou quelle librairies utiliser, comment gérer la data, quel hébergement choisir... 
Le second, c’est d’imaginer que l’éco-conception signifie beaucoup de compromis pour la marque et l’expérience client.  
Et pourtant, il suffit de se pencher sur le sujet pour comprendre que l’éco-conception conjugue à merveille expérience client et limitation de l’impact carbone. C’est ce que je vais tenter de vous présenter dans cet article. 
 

 

Pourquoi faire de l’éco-conception ? Quelques chiffres sur l’impact du numérique

 

En 2019, 4% des émissions de gaz à effet de serre étaient dues au numérique, (l’aviation représentait 2%).

 

Le numérique a aussi bien d’autres impacts environnementaux :

  • consommation d’énergie primaire et d’eau,
  • impact sur la biodiversité,
  • extraction des ressources naturelles,
  • pollutions dues aux déchets électroniques, dont le taux de recyclage est seulement de 17,5%

 

Sans parler des impacts sociaux et politiques (tensions sur les matières premières, rôle des minerais dans le financement des conflits armés en Afrique et en Asie, d’où l’appellation de « minerais des conflits »)


Eco-concevoir les services numériques permet de les rendre moins gourmands en ressources et d’allonger la durée de vie des appareils.
 

👉 📈14ko en 1995 contre 2,1Mo en 2021 : en 26 ans, le poids moyen d’une page web a été multiplié par 150

En 1969, l’Apollo Guidance Computer a permis d’envoyer le premier homme sur la Lune avec seulement 4 ko de RAM

 

👉 🧑‍🚀 En 1969, l’Apollo Guidance Computer a permis d’envoyer le premier homme sur la Lune avec seulement 4 ko de RAM

14ko en 1995 contre 2,1Mo en 2021 : en 26 ans, le poids moyen d’une page web a été multiplié par 150

 

Les vertus insoupçonnées de l’éco-conception 


Un site éco-conçu est un site qui se chargera plus vite, et cette meilleure vitesse de chargement aura un double impact.


D’une part, un impact sur la transformation : les visiteurs apprécient un site réactif et seront plus enclins à choisir votre site plutôt que celui d’un concurrent. En 2015, Etam a augmenté de 20% son taux de conversion suite à une baisse de 0,7 secondes du temps moyen de chargement de ses pages.


D’autre part, un impact sur le référencement. Google privilégie les sites optimisés et leur attribue un meilleur scoring et donc une meilleure visibilité. 


Meilleur positionnement, plus de ventes, mais aussi moins de dépenses : pas de maintenance sur des fonctionnalités qui auront été jugées peu utiles, moins de besoin d’espace de stockage pour du contenu qui aura été optimisé.


Enfin, votre site vous permettra d’afficher une meilleure image. Eco-conçues, les fonctionnalités essentielles permettront de répondre aux vraies attentes de vos utilisateurs ou clients ; de vous démarquer de la concurrence et d’avancer sur le chemin du développement durable.

 


Expérience client et éco-conception, un mariage heureux ? 


Quand on pense éco-conception et site internet, on entend souvent ces deux remarques. 


1/ ”un site éco-conçu va être moche, austère, etc.”


Alors bien sûr, les premiers sites se revendiquant éco-conçus tiennent à ce que leur démarche soit visible et se parent de teintes allant du vert au kraft, avec des visuels tramés en deux tons. Mais il n’y a aucune obligation à rester dans ces codes : sur ces aspects il convient de limiter le nombre de couleurs utilisées et d’optimiser les images affichées.

Quelques exemples des sites ayant réduit leur empreinte environnementale 


-64% impact CO2 


-84% impact CO2 


-72% impact CO2 

 

A retrouver parmi une multitude de réalisations ici : https://lowww.directory/

 


2/ Un site éco-conçus va être basique / sans fonctionnalités pour ses utilisateurs / etc.


Là encore, c’est prendre un raccourci. En éco-conception, nous employons l’expression “unité fonctionnelle”, c’est la fonction principale que remplit le service. Chaque unité fonctionnelle peut avoir plusieurs réponses possibles, et c’est la réponse minimale qui doit être privilégiée.


Par exemple, un usager souhaite connaître l’emplacement d’une boutique. Nous pouvons : afficher l’adresse, afficher un plan sous forme d’image ou afficher une carte interactive 3D. Les 3 répondent à son unité fonctionnelle, mais les 2 premières seront moins gourmandes en ressources que la carte interactive. 

 

 

L’éco-conception en pratique


Connaître l’impact de son site est la clé


Le numérique est réputé immatériel, il est difficile de se représenter son impact réel et encore plus de situer son site sur une échelle allant de la sobriété à la consommation excessive.


Différents outils permettent de réaliser cette mesure et attribuent une note et donnent une valeur en équivalent CO2 aux pages testées.


Ces valeurs vous permettront de vous comparer à vos concurrents et de mesurer un avant-après.


Prenons 2 sites d’informations parmi les plus visités en France : Le Figaro et Le Monde.

 

le figaro


La page d’accueil produit l’équivalent de 1,14 g de CO2 à chaque fois que quelqu’un visite la page. Avec un trafic mensuel de 55 millions de visiteurs, nous obtenons 752 tonnes d’équivalent CO2 chaque année, ou 100 tours du monde en avion.

 

Le Monde


La page d’accueil produit l’équivalent de 0,56 g de CO2 à chaque fois que quelqu’un visite la page. Avec un trafic mensuel de 44 millions de visiteurs, nous obtenons 295 tonnes d’équivalent CO2 chaque année, ou 39 tours du monde en avion.


Certes, le Figaro a un trafic supérieur de 25% au Monde, mais son impact est exponentiel : +156% que son concurrent !


Une fois cette prise de conscience réalisée, nous pouvons auditer le site : sa structure, ses contenus et médias, ses fonctionnalités, son code ; et ainsi détecter les premiers leviers d’action.

 


Quand mettre en œuvre l’éco-conception ?

 

La démarche d’éco-conception d’un site est présente à chaque étape de la vie du site :

  • la conception d’un site, la définition de ses objectifs
  • le design de ses fonctionnalités et interfaces
  • le développement de ses composants
  • la contribution de ses contenus
  • les refontes et évolutions des fonctionnalités
  • la fin de vie de ses services et contenus
  • le choix de son hébergement

 


Qui sont les acteurs de l’éco-conception ?


La responsabilité de l’éco-conception d’un site ne repose jamais sur une seule personne : tout le monde a un rôle à jouer dans la démarche d’éco-conception.


Les concepteurs doivent réinterroger les besoins, les designers doivent créer au plus juste, les développeurs doivent optimiser et être malins dans leurs techniques, les contributeurs doivent considérer chaque contenu et les décideurs doivent à la fois soutenir et être moteur dans cette démarche.

 


Changer les habitudes


En éco-conception, on souhaite que l’utilisateur passe le moins de temps possible sur le site, ce qui va à l’encontre des KPIs traditionnels qui recherchent une augmentation du temps moyen par visite. On ne doit pas chercher à rendre captif un utilisateur pour lui faire lire article après article.


La frugalité, c’est avoir une démarche à l’inverse de nos habitudes :

  • limiter les fonctionnalités au nécessaire pour éviter la surqualité et l’effet usine à gaz
  • penser non plus avec des seuils maximum mais en termes d’optimum et de minimum acceptable par les utilisateurs

 

👉L’éco-conception se base sur les principes de simplicité, de frugalité et de pertinence (utilité + rapidité + accessibilité).


Less is more, simple is smart !

 


Les bonnes pratiques de l’éco-conception


Ecouter vos utilisateurs


Il est nécessaire de questionner l’utilité de chaque fonctionnalité, de chaque contenu : s’agit-il de besoins réels d’utilisateurs ou bien d’envies du décideur ?


Les méthodes de recherche utilisateur permettent d’identifier leurs attentes et de les classer par ordre d’importance. Des KPIs doivent permettre de quantifier l’utilisation effective de chaque fonctionnalité, le nombre de lecture de chaque contenu

Les questions à garder à l’esprit :

 

  • que se passe-t-il si cette fonctionnalité est supprimée ?
  • est-ce que l’on peut faire autrement ?
  • pouvons-nous proposer une alternative plus économe ?

 

 

Travailler les parcours utilisateurs


L’efficience est recherchée : l’utilisateur doit pouvoir accomplir facilement et efficacement la tâche qui l’a amené sur le site.


La complexité de chaque page d’un parcours doit être questionnée : est-elle trop chargée ou à l’inverse trop pauvre (parcours fragmenté) ?


Chaque parcours doit être pensé afin d’en améliorer l’efficience. Par ricochet, raccourcir le parcours permet d’augmenter le taux de transformation.

 


Concevoir un service numérique qui s’adapte à différents écrans


Un service qui s’adapte à plusieurs tailles d’écrans pourra être utilisé par un plus grand nombre de personnes et sur une durée plus longue, quelles que soient les évolutions des terminaux.


La concevoir “mobile first” est à privilégier : les internautes naviguent davantage sur mobile que sur tout autre support, et le format contraint impose d’aller à l’essentiel.


De la même façon, on privilégie une application web à une application mobile : plus légère et indépendante de la version d’OS du terminal, elle permet également de gérer des usages hors-ligne.

 

Pour en savoir plus rendez vous le 02 Juin pour un webinaire avec Dalkia : Retour d'expérience sur leur site éco-responsable !

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